Cette motion pose la question fondamentale du rôle de l'Etat et de celui des collectivités locales ainsi que celle des modes de financement des services publics (impôt sur le revenu, impôts locaux …). Quel niveau de financement les collectivités locales sont-elles en droit d'attendre de l'Etat ? Dans une période de croissance économique, l'Etat a largement contribué au budget des collectivités locales. En période de « vache maigre » pour utiliser un euphémisme, peut-on regretter que l'Etat cherche à assainir les finances publiques ?
Cette « lettre au Père Noël Etat » est en soi une bonne idée. Il aurait pu y être question de l'effort de tous, de ne pas faire de « cadeaux fiscaux » sans mesure du résultat, de conditionner les dotations à des résultats avec des critères sociaux ou environnementaux … Après tout, l'Etat n'est-il pas le garant d'un bien être de tous les citoyens et de la préservation de l'environnement pour assurer ce bien être ? … S'assurer que les dotations soient utilisées pour des investissements socialement et environnementalement utiles ou encore pour préparer la nécessaire transition énergétique.
Avec de telles demandes, j'aurais voté Pour cette motion.
Je ne peux m'empêcher de rapprocher cette motion de ce que nous vivons au niveau des coupes budgétaires au niveau de la CASQY. Cela fait maintenant quelques années que certaines et certains alertent régulièrement autour de cette table et ailleurs afin que des mesures soient prises pour anticiper le futur avec une planète aux ressources limitées et avec des coûts d'énergie en augmentation constante. En matière de gestion patrimoniale : cela signifierait entretenir et optimiser l'utilisation du patrimoine communal. Au lieu de ça, durant cette période, des bâtiments, parfois très onéreux, ont continué à être construits. Que penser de la menace de fermeture sur un équipement qui date d'à peine 10 ans ? Que certains trouvent désormais excentré ? Mes prédécesseurs écologistes autour de cette table avaient tiré la sonnette à l'époque. Mais chaque maire voulait ses équipements et la co-gestion de la CASQY par les 7 maires a permis de telles aberrations.
J'aimerais aussi mettre en parallèle ce vote avec celui sur le CDT que probablement, la plupart d'entre vous vont voter. Bien que cet texte ne donne aucun budget, nous savons qu'il signifie un engagement de l'Etat à hauteur de plusieurs milliards d'Euros. D'un côté, demander à l'Etat toujours plus d'argent sur son propre budget pour financer des projets dont on peut douter de leur pérennité et de leur utilité et, de l'autre, demander à l'Etat de maintenir les dotations aux collectivités … Avec bien sût, en tant que contribuable, un souhait légitime que l'Etat et les collectivités ne prélèvent pas davantage sur les salaires que vous avez gagné à la sueur de votre front.
J'aimerais comprendre la logique.
Les investissements pharaoniques réalisés au siècle dernier l'ont été grâce à un coût de main d'oeuvre très faible que plus personne n'accepterait puis grâce à une énergie dont le faible coût n'est plus compatible avec l'épuisement des ressources de pétrole.
Plutôt que de renvoyer la balle dans un face à face stérile entre l'Etat et les collectivités, il est temps de s'asseoir autour de la table, d'accepter de constater ensemble que les ressources sont limitées et d'essayer ensemble de trouver les moyens pour les répartir intelligemment pour assurer le bien-être de toutes et tous.
Chacun doit prendre ses responsabilités : certaines collectivités ont décidé de les prendre à bras le corps, des marges de manœuvre existent, par exemple les fusions de communes ou encore la réorientation des investissements vers des projets « soutenables ».
Pour toutes ces raisons, je m'abstiendrai.
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